Le Moulin De Pruzier

Pour découvrir ces ruines de moulin qui ont l’air complètement oubliées, nous nous sommes aventurés autour de Cessières près du marais de Pruzier. Le site est inaccessible à part en hiver.

Difficile de prendre une vue d’ensemble mais c’est ce que nous avons vu en premier en arrivant.


Nous avons fait ce que nous avons pu pour nous repérer ici, mais d’après les vues aériennes le lieu était déjà en ruine il y a presque un siècle. On peut voir sur l’évolution des cartes aériennes que le lieu a disparu petit à petit dans la forêt…


C’est en se baladant dans les ruines que l’on se rend compte d’à quel point le lieu est vaste. Les murs qui devaient composer l’enceinte s’étalent sur une centaine de mètres.


Pas de doute, le site est situé en plein cœur du marais. Si à l’époque tout cela devait être drainé, il n’en est plus rien aujourd’hui et la progression se fait un peu difficilement. Le secteur est d’ailleurs traversé par 3 rûs : Celui de Cessières, de Pruzier et de Suzy.


On a du mal à deviner la fonction de certaines parties tant elles sont dégradées, mais cette ruine perdue en plein bois a beaucoup de charme !


Une partie du lieu est « un peu mieux » conservée et on peut même encore passer par un ancien encadrement de porte en pierre !


Avant de partir, on a essayé de prendre quelques clichés plus globaux, mais la nature a vraiment repris ses droits…


L’entrée ! Ou la sortie, tout dépend…


Il est difficile de trouver des informations sur ce lieu, qui semble avoir déjà décliné un peu avant la Grande Guerre. On en trouve quelques-unes, dont certaines sur le marais en général, dans le « Document d’objectifs du site Natura 2000 – Tourbière et coteaux de Cessières Montbavin » : « La date des travaux est incertaine. Le fossé central est supposé creusé à partir de 1814, mais on n’est certain de son existence qu’en 1835. L’effet le plus important de cet aménagement est de réorganiser le réseau hydrographique autour du Moulin de Pruzier, agrandi et qui devient l’un des pôles d’activité du village. […] L’histoire de ce site ne s’est que récemment déconnectée d’une présence forte de l’homme. Il est certes difficile de connaître le nombre de villageois travaillant dans le périmètre vers 1850, mais, si on ajoute aux personnes vivant dans les moulins (le moulin de Pruzier était un petit hameau) et les fermes, les éleveurs, les hortillonneurs, les coupeurs d’osier, les carriers, on doit atteindre plusieurs centaines de personnes dont l’action quotidienne marque le paysage de façon bien différente d’aujourd’hui. […] Après la guerre, la population de Cessières est fortement réduite et la reconstruction se fait essentiellement sur le village. Le marais n’est pas complètement abandonné, l’élevage s’y pratique toujours, les anciens s’en souvenaient encore dans les années 1960-1970, mais il n’est plus question d’hortillonnage. Le moulin de Pruzier ne reprend pas son activité et retourne à la forêt. Les drains ne sont plus guère entretenus. […] Le marais et les pentes sont des éléments forts du patrimoine des villages, ce qui peut expliquer, au-delà des raisons actuelles, la vivacité des conflits actuels autour du statut de celui-ci. Le patrimoine bâti est le plus parlant. Ainsi, le Moulin de Pruzier est-il l’un des lieux les plus cités par les habitants de Cessières. »


Et en bonus : Ce sapin qui n’a l’air de rien avoir à faire là et qui donne juste envie de le décorer.


Et nous sommes partis après avoir bien fait le tour de ce moulin figé dans un temps maintenant révolu…

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