Notre périple nous a cette fois ci amené à la croisée de trois territoires communaux : Celui de Bourguignon-sous-Montbavin, de Vaucelles-et-Beffecourt et de Mons-en-Laonnois. Ces communes semblent se partager un mont qui a quelques secrets à dévoiler le long de son chemin de croix…

Le chemin de croix débute donc dès le panneau ancien. Ce sont des assez grosses croix en bois qui ne sont malheureusement plus en très bon état pour la plupart, certaines sont même au sol. Un petit coup de neuf ne ferait pas de mal…








Un petit chemin un peu dissimulé amène donc vers le point d’orgue de ce chemin de croix. Mais avant, nous avons pris un autre chemin pour aller voir une ruine qui, si elle ne fait pas réellement partie du chemin de croix, mérite le détour.





Au bout du mont se trouve donc les ruines d’un moulin datant du XVIIIème siècle appelé « La Tour de la montagne du Chété ». Malheureusement, la végétation vraiment imposante à l’intérieur a rendu la visite de l’intérieur un peu compliquée.











Peu d’informations circulent sur cette tour, reste qu’une carte postale ancienne où l’on peut voir que les alentours étaient plus dégagés à l’époque est disponible sur le site des Archives départementales de l’Aisne sous la côte 18 Fi Mons-en-Laonnois 3 que voici :

Avant de revenir sur ce chemin de croix, il serait bon de connaître son origine. Là encore, peu de choses à se mettre sous la dent mais un document nommé « Histoire de l’église intercommunale Saint-Julien et Saint-Jean-Baptiste de Bourguignon-sous-Montbavin et Royaucourt-et-Chailvet de 1176 à 2013 » disponible ici traite un moment de l’histoire de ce lieu où l’on apprend donc : « En 1834, à la requête de l’abbé Sablière, le Révérend Père Dutems autorisé par Mgr de Simony en vertu d’un bref de Grégoire XVI en date du 21 janvier 1833 érigea le chemin de croix. Vers 1875, un calvaire appelé croix de St-Paul (vis à vis du calvaire croix de St-Pierre dominant Mons et Laniscourt) termina le chemin de croix de la « montagne » du Chété, au dessus de Bourguignon, regardant l’église St-Julien. »
Le calvaire de 1875 est logiquement ce que nous devrions trouver au bout de notre excursion, alors il est temps de s’y rendre !



Dans le dernier document cité, on peut y lire un extrait de l’oraison funèbre datant du début du XXème siècle de l’abbé Desmier d’Olbreuse qui, à la suite d’une procession, a déclaré : « C’était un dimanche de Passion. La foule fit en procession le long trajet de Saint-Julien au sommet de la montagne où se trouve un calvaire gigantesque, qui se voit de la place de Bourguignon. »
À noter que ce même document fait mention des différentes restaurations que la croix a reçue : « Successivement détruits par le temps et les tempêtes, le 29 août 2012 a eu lieu la pose d’un nouveau calvaire : c’est le 4ème (poses en 1875, 1904, 1937, 2012). »





Il y a une autre curiosité à ce même endroit ! Pour la découvrir, il faut descendre une pente assez abrupte qui amène vers une petite grotte qui nous a vraiment interpellé… Elle répond vraiment à la question centrale qui constitue la motivation de l’association : Qu’est-ce que ça fait là ?





La grotte est assez petite en l’état actuel des choses. Elle devait cependant être plus grande auparavant vu l’état d’une partie que l’on a pu voir depuis le calvaire semble s’être écroulée. Nous avons tout de même encore une fois trouvé une carte postale ancienne, qui lui donne un nom « Grotte de l’Hermitage » dans les archives départementales de l’Aisne à la côte 18 Fi 194 :

Voilà pour notre tour de cette montagne bien mystérieuse, ce fut un plaisir de tout parcourir. Et si ça se trouve… Nous n’avons pas encore tout découvert ?
Bj : mai 2025, en regardant sur le Géoprtail on voit en superposant les couches que sur la minute en couleurs de la carte de l’EM des années 1830 l’accès a ce plateau triangulaire plutôt déboisé et construit se faisait de plusieurs villages en traversée… On a l’impression que l’officier cartographe qui a fait les levés a vu/imaginé/dessiné un petit promontoire, défensif… médiéval/ gaulois…savant ou tradi local, cf les curés informateurs. Quid sur les 2 cadastres napo un peu contemporains de l’EM et sur la carte de Cassini et ses levés aux AN ? Quid du toponyme dans les dicos anciens de l’Aisne et du site dans le répertoire archéologique de la CAG 02 des années 2000 ? une aide potentielle au CARAN des Archives Nationales : Sebastien Nadiras … Jean-Jacques Valette Reims jjvalette@orange.fr
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