La croix Sézinne, ou Césine, ou même Seizinne parfois : C’est en tout cas un endroit assez symbolique de la forêt de Saint-Gobain que nous avons parcouru. On peut le traverser lors du Circuit des Abbayes, dont la fiche se trouve juste ici. Nous avons rencontré une fontaine bien connue dans les environs et aussi une croix rendant hommage à un évènement tragique qui s’est déroulé il y a quelques siècles…


Cependant, avant de parler de la croix en elle-même, il ne faut pas oublier de mentionner la source de la Fontaine à la Goutte. Comme l’indique le panneau d’interprétation situé juste en face : Il s’agit de la résurgence d’une nappe d’eau « perchée », retenue par la couche imperméable formée par l’argile de Saint-Gobain. Cette argile a formé une véritable ligne de sources à environ 180 mètres d’altitude, comme celle à l’origine du domaine de Charles Fontaine.

La fontaine était bien envahie en cette période de l’année.





Le site a malheureusement l’air de ne plus être très entretenu, surtout en comparaison à des clichés datant d’il y a une vingtaine d’années que nous avons retrouvé sur certains sites comme celui-ci ou encore celui-là.


Nous avons ensuite repris le chemin pour faire face à l’autre monument qui fait l’objet de notre visite, la croix Sézinne. Elle se révèle timidement au fur et à mesure derrière la végétation, malgré sa taille imposante.




L’histoire de cette croix est intimement liée à l’abbaye de Saint-Nicolas-Aux-Bois et son enseignement qui bénéficiait au XIIIème siècle d’une bonne réputation et ce même en-dehors de la France.
Un panneau d’interprétation nous donne les informations suivantes : Trois jeunes seigneurs flamands, venus étudier le français et les belles lettres, étant allés un jour se divertir dans les bois de l’abbaye, se mirent à poursuivre quelques lapins. Les animaux s’étant sauvés dans le domaine d’Enguerrand IV de Coucy, ils les y poursuivirent. Les gardes les ayant trouvés qui chassaient, les menèrent en prison et en avertirent Enguerrand. Celui-ci, sans s’informer ni de l’âge, ni de la personne des jeunes gens, ni des circonstances de leur action, ordonna qu’ils fussent pendus, ce qui fut exécuté sur le champ aux branches des arbres du lieu de leur arrestation. Cette exécution sommaire et barbare fit grand bruit, non seulement dans la contrée, mais aussi dans toute la France. […] D’après la tradition, Enguerrand, outre les charges imposées […] en expiation de son crime, aurait été obligé d’élever sur le lieu d’exécution des trois seigneurs un monument, sous lequel ils reposeraient, destiner à rappeler la justice de Saint-Louis. Ce monument porte les noms de Croix Sézinne, Croix Seizaine, Croix Seizine, Croix Sézaine, Croix Sessine (noms qui semblent indiquer qu’Enguerrand fut contraint de faire, en réparation du meurtre des trois étudiants, par lui-même ou par procuration, une pénitence de seize jours au pied de ce symbole mais aussi celui de la Croix des Sergents).





Ces deux constructions ont aussi été l’objet de vidéos sur la chaîne L’Héritage de Gaya.
Cette croix commémore donc un évènement tragique qui mena quelques temps au procès d’Enguerrand IV suite à une plainte de l’abbaye, comme c’est relaté dans l’article des Archives départementales de l’Aisne concernant la Charte de donation d’Enguerrand IV de Coucy à l’abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois.